Article rédigé par Annaëlle GUEZ – EQUAL ID n°4 – Les femmes dans les métier de l’innovation

 

Aujourd’hui, les femmes sont en sous effectifs par rapport aux hommes dans les métiers de l’ingénierie. En effet, si elles ne représentaient que 27% dans ces métiers selon l’étude du CSA pour l’association Elles bougent de 2018, ce chiffre n’a cessé de stagner en France depuis 2011.

 

Les “femmes scientifiques”: un oxymore du passé

 

Pour mieux comprendre ce phénomène, penchons-nous davantage sur quelques dates clés.

 

Les femmes n’ont pas pu accéder aux formations proposées par les écoles d’ingénieurs avant 1919. C’est à cette qu’il y eu l’ouverture de deux établissement offrant la mixité : L’Ecole supérieure d’électricité (Supélec) et l’Ecole supérieure de chimie de Paris.

 

Mais ce n’est que dans les années 1975 que les choix d’orientations vers les écoles d’ingénieurs montrent un affaiblissement du poids des stéréotypes, un affaiblissement qui s’est vu figé par la suite. En effet, entre 1975 et 1985, le nombre d’étudiantes en école a augmenté de 8,3 points contre seulement 1 point entre 2009 et 2018…

 

Quelques explications…

 

L’association Elles bougent a dévoilé en mars dernier les résultats d’une enquête intitulée “Les femmes, l’industrie, la technologie et l’innovation”. Cette enquête menée par l’institut CSA a été réalisée auprès de 1000 femmes ingénieures, 500 étudiantes en filière scientifique et technologique et 500 collégiennes et lycéennes. « Les garçons sont plus forts en maths que les filles ». Quelle fille n’a pas entendu cela durant ses années de collège ? Cette phrase va alors s’inscrire dans l’inconscient collectif comme une sorte de fatalité. Souvent, cette fausse idée aura un impact concret sur les résultats scolaires des filles dans les matières scientifiques.

 

En psychologie, on appelle cela “la menace du stéréotype” et il s’applique dès qu’une minorité est confrontée aux préjugés qui l’entourent. Cette menace du stéréotype peut donc être une première piste de réponse pour savoir pourquoi si peu de femmes choisissent d’étudier en école d’ingénieur : elles ne se sentent tout simplement pas à leur place !

 

Véronique Bonnet, directrice générale déléguée de l’ESME Sudria a déclaré : « Il y a un travail de fond à réaliser. Il faut multiplier les occasions de contacts et de sensibilisation dès le lycée, pour présenter le métier d’ingénieur, donner des exemples d’opportunités et de réalisations, développer l’attractivité de certaines filières. Montrer qu’il n’y aucune barrière sinon celle de l’envie ».

 

Malheureusement, une fois dans le milieu professionnel, les stéréotypes persévèrent. Certains pensent : « Le plus dur est passé ! Une fois ingénieures, les femmes sont épanouies ! » En fait, 61% des ingénieures ont déjà été discriminées à cause de leur genre (32% plusieurs fois, 29% une seule fois).

 

En réalité, les esprits doivent encore évoluer à ce sujet. Les chiffres montrent qu’un énorme travail de sensibilisation et d’éducation reste à faire.

 

Article rédigé par Annaëlle GUEZ – EQUAL ID n°4 – Les femmes dans les métier de l’innovation