« Il est trop efféminée pour être pris au sérieux dans l’entreprise », « il ne sera pas à la hauteur pour accueillir les clients », « il va sans doute faire fuir la clientèle »… L’homophobie n’est pas un mythe des banlieues à risque, elle est présente jusque dans le monde du travail. À l’heure où les femmes sortent du silence pour faire valoir leurs droits dans la société et l’égalité au travail, les hommes homosexuels se font eux plus petit. En effet, les homosexuels ne rentreraient pas dans les cases le l’homme d’affaires idéal et font face à de la discrimination. Faut-il réellement être hétérosexuel pour savoir manager une équipe, gérer une entreprise ou même accueillir des clients. La réalité est telle que les homosexuels peinent parfois à être acceptés au sein d’une équipe et à faire leurs preuves. Les thèmes principaux qui ont été abordés par les recherches concernant les formes des discriminations subies, la visibilité ou de l’invisibilité des personnes homosexuelles sur le lieu de travail, les discriminations salariales, les discriminations à l’embauche ou encore les choix de carrière en fonction de l’orientation sexuelle. 

Les discriminations que peuvent subir les personnes LGBT (lesbienne, gay, bisexuel/le, Transgenre) sont intrinsèquement liées aux normes de genre et ont pour effet de produire des inégalités (les discriminations sont des processus sociaux (des actes, des comportements, des langages). En ce qui concerne les personnes homosexuelles, les littératures existantes montrent que les discriminations vis-à-vis de ces catégories sociales peuvent prendre différentes formes : violences psychiques ou physiques, harcèlement verbal ou non verbal, refus de promotion, renvoi, non-engagement. 

De manière générale, les différentes recherches anglo-saxonnes des années 1980 et 1990 ont permis de mettre en évidence qu’entre 25 et 66 % des employés gays, lesbiennes et bisexuel sont victimes de discriminations sur leur lieu de travail. Soulignons toutefois que les auteurs manifestent leurs discriminations de différentes façons les plus « légères » (par exemple des blagues qui présentent les homosexuels de manières stéréotypées ou caricaturées) aux plus « dures, voire violentes » comme la mise à l’écart de l’équipe ou de projets intéressants ou encore des manifestations violentes de harcèlement moral/sexuel ou d’agression physiques. Il a été démontré que plus de 66 % des personnes (femmes et hommes) n’ont que très rarement parlé de leur orientation sexuelle au travail, par peur d’être stigmatisé. Cela s’explique par la peur d’être rejeté pour non-conformité des normes sociales assignées à leur sexe. Martin Levine et Robin Leonards deux journalistes (1984) signalent également que certaines personnes lgbt optent pour une carrière professionnelle indépendante ou cherchent à entrer dans des sphères professionnelles qui sont culturellement plus ouvertes à l’homosexualité comme les milieux artistiques, la mode ou encore l’industrie du divertissement (bars, discothèques, etc…). 

Le monde du travail est traversé, comme toutes les sphères sociales, par des normes de genre qui peuvent se décliner de différentes manières selon les secteurs d’activités professionnels. Par exemple, la masculinité ouvrière n’est pas la masculinité managériale et la féminité que doit « performer » une secrétaire diffère de celle d’une éducatrice de la petite enfance. Ainsi, l’orientation sexuelle et l’expression de genre sont des éléments qui contribuent à la construction d’une adéquation ou non des travailleurs et des travailleuses aux différentes cultures professionnelles qui se déclinent dans différents milieux professionnels. 

 

 

 

L.P