Voilà maintenant plus d’un mois que la France est plongée dans son « hivernation printanière ». Aujourd’hui, si les femmes sont moins sévèrement touchées que les hommes par le fameux virus mondial, cette crise sanitaire frappe fortement leur indépendance et les femmes subissent de nombreuses conséquences.

 

Violences conjugales, travail domestique, télétravail des jeunes entrepreneuses… Comment nos guerrières du quotidien s’en sortent-elles ?

 

La situation actuelle a plongé notre pays dans une inactivité totale, obligeant les écoles à fermer leurs portes. Mais alors, qui endosse le rôle d’instituteur pour les enfants ? Force est de constater que les femmes se trouvent aujourd’hui face à un grand dilemme : télé-travailler ou s’occuper des enfants et des aînés. Trop souvent, les femmes  perçoivent des salaires inférieurs à leur partenaire. On parle même de « salaire d’appoint » qui les force à s’occuper des tâches domestiques pour que les hommes, eux, puissent continuer de travailler et de ramener des revenus supérieurs. Triste retour dans une époque pourtant lointaine, qui astreint les femmes à endosser « leur second emploi bien souvent invisibilisé », comme le décrit Arlie Hochschild dans The Second Shift. Mais qu’en est-il alors de leur emploi et de leur statut de télétravail ? Est-il entièrement mis en suspend ?

 

Durant cette crise sanitaire nos femmes affrontent la situation et jonglent entre vie de famille et vie professionnelle. Si l’on met l’accent sur les secteurs dans lesquels les femmes sont surreprésentées et sous-payées, alors la liste ne fait que s’allonger. Journalistes, créatrices de start-ups, femmes d’entretien, fonctionnaires de caisses ou de restauration, chacune d’entre-elles contribue grandement à l’activité économique du pays. Par ailleurs, à l’échelle mondiale, les femmes représentent 70 % des « travailleurs de première ligne » dans les secteurs de la santé et des services sociaux. Deux domaines qui sont soumis à rude épreuve depuis février 2020.

La dévalorisation du travail féminin et la protection des normes familiales traditionnelles sont loin d’être de nouveaux sujets d’actualité. En effet, malgré plusieurs réformes mises en place, les femmes restent aujourd’hui payées en moyenne 25,7 % de moins que les hommes. Ce fait expliquerait notamment qu’elles soient considérées comme plus flexibles et qu’elles ne soient pas prioritaires dans le télétravail. Triste est le constat selon lequel les besoins d’une petite fille et d’une femme de famille passent, ces temps-ci, après ceux du père et du grand frère de la maison.  Si l’on prend l’exemple des Etats-Unis, 40 % des femmes travaillent à temps partiel contre seulement 13 % des hommes. Ainsi la carrière professionnelle des femmes est fortement impactée par la pandémie du Coronavirus.

En outre, la situation est plus que critique pour les femmes entrepreneuses qui sont, elles aussi, grandement victimes de la crise sanitaire actuelle. En temps « normal », les femmes gérantes de petites entreprises ont un accès plus restreint au capital financement. Cela affecte d’autant plus le cas des créatrices de start-ups car – même s’il ne s’agit que d’une fermeture temporaire ou d’un ralentissement d’activité – la survie de ces PME dirigées par des femmes, sera rudement compromise. Pour éviter au mieux des faillites, certaines idées sont en cours de réflexion :

  • Accorder des liquidités à court terme par le biais de prêts à 0 % d’intérêt.
  • Accorder de la liquidité à court terme en établissant des calendriers de remboursement créatifs
  • Implanter un congé fiscal
  • Compensation immédiate pour les aidantes naturelles principales.
  • Investissement d’urgence dans les programmes à l’enfance et aux aînés
  • Geler les paiements de loyer et financiers pour une durée de six mois,
  • Étendre les programmes d’approvisionnement des PME à tous les niveaux gouvernementaux.
  • Faire de la santé mentale une priorité.

 

Mais les graves conséquences de ce confinement ne touchent pas seulement la vie professionnelle des femmes. En effet, nombreuses sont celles qui se retrouvent enfermées avec un compagnon violent sans avoir la possibilité de s’en échapper. Il n’est pas secret que les tensions liées à des préoccupations de sécurité, de santé, d’argent ou de mauvaises conditions de vie accentuent grandement le niveau des violences domestiques et des exploitations sexuelles. Depuis le début du confinement, le nombre de violences monte en flèche et ne cesse de croitre. On constate une hausse de 32 % des violences conjugales faites aux femmes. Dans la même – triste – lancée, le taux de cyber violence augmente également. Ce phénomène s’explique notamment par les restrictions de déplacement qui encouragent les individus à user de la violence morale sur les réseaux sociaux ou les sites de jeux, par exemple. Malheureusement, la situation actuelle empêche les victimes de libérer leur parole et nous laisse croire que les chiffres communiqués sont sous-estimés. Pour l’instant, les places en centres d’hébergement d’urgence n’ont pas augmenté et rien n’a été mis en place au niveau national pour accueillir les femmes victimes de violences. En revanche,  deux nouveaux dispositifs viennent compléter ceux déjà existants, pour venir en aide à ces femmes violentées. Elles pourront envoyer un SMS au 114 ou alerter les pharmacien-ne-s sur une situation de violence, en demandant un « masque 19 ». Les pharmacien·ne·s devront alors prévenir les forces de l’ordre.

 

Vous l’aurez compris, le COVID-19 renforce l’inégalité des genres et atteint plus particulièrement les femmes. Heureusement, certaines d’entre-elles, par leur pouvoir, prouvent le contraire et le leadership féminin assure enfin son efficacité. Bien que la société actuelle tente de convaincre les femmes de se comporter comme des hommes si elles veulent diriger ou réussir, il est important de mettre en avant la réussite féminine.

En effet, les pays qui s’en sortent le mieux, ou le moins mal, sont gouvernés par des dirigeants politiques de sexe féminin. On parle notamment de l’Allemagne, du Danemark, de la Finlande, de l’Islande, de la Nouvelle-Zélande,  de la Norvège, et de Taiwan. Dans ces pays, les femmes du gouvernement se sont mobilisées pour montrer au monde comment gérer de grandes difficultés. Ces dirigeantes sont la preuve que les femmes savent ce qu’il faut faire en cas de crise. Nous acclamons leur caractère féminin qui a su apaiser les craintes de leurs concitoyens.

 

Certes, cette crise est une crise profonde pour nos sociétés et nos économies. Elle fait ressortir les défaillances des secteurs public et privé. Elle aggrave les inégalités des genres. Elle accentue les comportements négligents et irrespectueux envers les femmes. Mais, et c’est ce que l’on retiendra, de nombreuses mesures encouragent les femmes à lutter contre leur infériorité et à défendre leurs valeurs.