Avant de commencer notre analyse, nous tenions à remercier toutes les personnes qui ont pris le temps de répondre à notre questionnaire. Ce dernier avait pour but d’impliquer davantage les étudiants de TBS dans notre démarche afin de d’évaluer leurs connaissances sur le thème de la presse féminine et de dénoncer le contenu de celle-ci. Retour sur vos réponses.

Question posée : À quelle occasion lisez-vous la presse féminine ?

On observe que la moitié des personnes prétendent ne jamais lire la presse féminine, or si on regarde le premier graphique, seulement trois personnes disent ne jamais la lire. Ainsi, il y a ici une contraction. Cela peut s’expliquer par le fait qu’il y a un certain complexe à lire les magazines féminins, peut-être ont-ils honte ? De plus, cette interprétation semble vérifier puisque la grande majorité disent les lire dans les salles d’attente et chez le coiffeur : il s’agit ici d’une lecture qui n’est pas précédée d’un achat par les individus eux-mêmes, mais par la présence d’intermédiaires qui les mettent à disposition. Ce sont aussi ceux qui prétendent ne jamais les lire qui ont tendance à répondre dans une salle d’attente ou chez le coiffeur. À l’opposé, les sondés qui lisent la presse féminine de temps en temps ont plus tendance à l’acheter car ils la lisent dans les transports, en voyage ou sur la plage.

 

Les magazines réduisent la femme aux activités domestiques et familiales (de 1 : pas du tout d’accord à 5 : tout à fait d’accord).

Grâce à ce diagramme en barres, nous pouvons constater que la plupart des personnes ayant répondu à notre questionnaire pensent que les magazines féminins réduisent la femme aux activités domestiques et familiales puisque 50 % sont d’accord ou tout à fait d’accord avec cette affirmation. Néanmoins, 29 % sont en désaccord avec cette affirmation, cela signifie que, selon eux, la presse féminine joue donc un rôle dans l’émancipation de la femme. Le reste de l’échantillon interrogé ne se prononce pas véritablement. Pour comprendre ces pourcentages, il faut étudier plus en profondeur la relation qu’on les individus avec le contenu de la presse féminine et avec les magazines eux-mêmes.

74 % des sondés trouvent la presse féminine peu intéressante, voire même inintéressante. À partir de ce constat, il est souhaitable de voir quel sont les magazines cités par ces mêmes personnes. Sans être exhaustif, on trouve notamment les marronniers de la presse féminine comme Elle, Femme Actuelle ou encore Marie Claire. Au contraire, les personnes disant que les magazines féminins sont plutôt ou très intéressant ont cité des magazines comme Vogue ou Cosmopolitan. Cela montre bien que la lecture de la presse généraliste (Elle, Marie Claire) est peu spécifique et elle est surtout considérée comme un divertissement pour ses lecteurs car ils considèrent que le contenu est peu intéressant. De plus, ils ont un degré d’affinité assez faible et par conséquent une lecture manifestement non spécifiante, alors que Cosmopolitan et Vogue par exemple sont plus appréciés. En effet, cela s’explique par le fait que ces derniers touchent davantage les jeunes (les 15-29 ans) car ces féminins se disent – à tort ou à raison, à vous d’en juger au vu de nos articles précédent – représentatifs de la modernité et d’un certain style de vie. De plus, le ton utilisé dans Cosmopolitan marque une certaine une originalité : provoquant, faiblement moralisateur, ce qui plaît fortement aux jeunes. Les personnes qui trouvent le contenu de la presse féminine intéressante sont également celles qui pensent que les magazines ne réduisent pas la femme aux activités domestiques et familiales.

Certains magazines sont souvent aussi associés aux mêmes qualificatifs : un champ lexical relatif à la mode et à la beauté pour Vogue, Cosmopolitan (glamour, élégant, esthétique) et un vocabulaire plus stéréotypé pour la presse féminine généraliste (cliché, mensonger, sexiste, plastique, préjugés). Autant dire que cette dernière n’a pas trop la côte auprès des étudiants et on ne va pas s’en plaindre. Néanmoins, comment expliquer de telles différences de vision au sein de cette presse ? L’explication reste le même que celle énoncée plus haut.

 

D’autre part, trois personnes se reconnaissent dans la presse féminine car selon elles, « elle est censée représenter les femmes en général, et s’adapter aux évolutions ». Ces mêmes personnes sont aussi celles qui pensent que le contenu des magazines féminins est intéressant car « ce n’est pas uniquement de la mode ou de la beauté mais on retrouve aussi des interviews de célébrités, des articles sur l’actualité et les différents rédacteurs nous donnent leur point de vue » (sic) et qu’ils traitent d’astrologie, mode, famille, mais aussi de politique, économie, philosophie. Les magazines cités sont Vogue et Elle alors qu’ils ne parlent absolument pas de ces trois derniers types de sujets, ils se présentent comme des défenseurs du droit des femmes mais en réalité l’image de la femme qu’ils renvoient est très éloignée de celle du XXIème siècle. En effet, on ne peut pas dire d’un magazine qu’il accompagne l’émancipation des femmes si on trouve un article qui parle de la liberté de la femme et deux pages plus loin un sur les pratiques qu’elles doivent adopter, des usages à modifier, des objets à consommer pour correspondre à une idée préalable. Cela est totalement contradictoire.

 

 

Pour conclure, la vision qu’on a de la presse féminine n’est souvent que très superficielle et ne représente pas la femme d’aujourd’hui. Étrangement, ou pas d’ailleurs, personne n’a cité Causette alors que c’est sans doute l’un des seuls féminins qui reste « inféodé aux annonceurs » pour reprendre les termes de sa directrice de la rédaction (Madame Isabelle MOTROT).

Enfin, nous espérons que nos productions vous auront permis d’en apprendre davantage sur l’envers du décor de la presse féminine, au-delà de leur discours parfois émancipateur voire féministe et pourtant si incohérent. Nous espérons donc que cela vous aura fait réfléchir plus largement sur notre thème de la représentation de la femme dans ce type de presse.