Avant de commencer ce voyage dans le passé, il est important de bien s’entendre sur ce qu’est la presse féminine. La presse féminine englobe l’ensemble des titres de presse écrite spécifiquement destiné à un lectorat féminin. Ces magazines sont souvent liés à des thèmes tels que la famille, la décoration, la mode, la cuisine, l’astrologie, thèmes qui participent à l’élaboration du stéréotype féminin.

Nous avons décidé de commencer par cet article car nous voulons essayer de comprendre les débuts et les évolutions de cette presse qui, à notre sens, est critiquable.

 

I.        Comment est apparue la presse féminine ?

L’idée du féminisme a débuté durant le siècle des Lumières lorsque des prémisses de questions sur l’égalité hommes femmes ont été évoqué. C’est avec ce mouvement d’émancipation des femmes, du XVIIIème siècle, que la presse féminine est née. C’est à cette époque que des philosophes féministes sont apparus comme Mary Wollstonecraft en écrivant La défense des droits de la femme, écrit qui a joué un rôle précurseur pour le féminisme. Grâce à cet écrit révolutionnaire, elle défend le fait que la femme est un être humain à part entière qui nécessite d’être autonome, éduqué et reconsidéré.

Les premiers journaux féminins n’étaient finalement que de simples publications qui étaient souvent destinés à un lectorat mondain et accès sur des thèmes tels que la mode. En France, Le Journal des Dames est apparu en 1797 par le libraire Sellèque, publication ayant pour sujet la mode.

Page de titre du n°6 paru le 31 janvier 1819.

Ainsi, au XVIIIème siècle, la place des femmes dans la société a commencé à être critiquée par une minorité : c’est ainsi qu’est apparu le féminisme. Néanmoins, les débuts de cette presse féminine étaient souvent axés vers une représentation de la femme au foyer sous la responsabilité de son mari. Le seul changement notoire est qu’à cette période-là, on commence à s’interroger sur la place de la femme.

 

II.        La presse féminine au XIXème siècle : deux tendances

A partir du XIXème siècle, la presse féminine explose en France comme dans les pays anglo-saxons. Toutefois dans l’Hexagone, la presse féminine se verra censurée durant le Second Empire, couramment qualifié d’Empire Autoritaire. C’est au moment de la IIIème République, lorsque le gouvernement reconnaît la liberté de la presse, que de nombreux écrits féminins voient le jour tels que l’Illustrateur des Dames, La Mode Universelle ou encore La Voix des Femmes.

Durant cette période, nous pouvons distinguer deux tendances antagoniques dans la presse féminine : une presse qui cantonne la femme à son image traditionnelle et une presse féministe et engagée qui prône la reconsidération de la femme dans la société et qui n’hésite pas à évoquer des sujets tabous pour l’époque et à dénoncer certaines pratiques. Par exemple, c’est le cas de L’Harmonie Sociale qui dénonce les dures conditions de travail des ouvrières et de La Femme de l’Avenir qui aborde le sujet tabou de l’hygiène sexuelle, ce dernier provoquant un scandale dans la société.

La Fronde, le journal de Marguerite Durand, se distingue par ses revendications féministes d’une part mais aussi l’apparition de chroniques historiques, de pages boursières. Ce journal représente le journalisme moderne féminin.

Une de La Fronde du 1er janvier 1898.

III.        Un XXème siècle contrasté

La presse féminine se popularise durant l’Entre Deux Guerres ; les femmes commencent à être impliquées dans les décisions financières et c’est pour cela que les directeurs de journaux ont voulu conquérir le lectorat féminin.

Au moment où la guerre éclate, il existe trois types de magazines : le magazine pratiques familiales (Le Petit Echo de la Mode – 1930), le magazine moderne ouvert aux influences américaines (Marie Claire – 1937) et le magazine populaire (Confidence – 1938).

Après la deuxième guerre mondiale, on observe une grande évolution dans le mouvement de l’émancipation des femmes, notamment grâce aux « Munitionnettes », femmes qui remplacèrent les Hommes à l’usine pendant la Guerre. Elles en sont le symbole car le travail leur a permis d’obtenir une certaine autonomie financière et de jouer un rôle plus juste dans la société. Grâce à elles, les femmes ont pu obtenir des droits comme le droit de vote en France.

À la fabrique de munitions John Inglis Co, les ouvrières Agnes Apostle de Dauphin (Manitoba) et Joyce Horne de Toronto (Ontario) effectuent un dernier assemblage d’un pistolet semi-automatique de 9 mm pour expédition en Chine.

Dans le même temps, Elle est créé en 1945, magazine qui obtiendra un succès immédiat en France.

Après la Guerre, nous retrouvons toujours deux portraits bien distincts de la femme française dans la presse féminine : une qui a un besoin d’épanouissement dû à son émancipation, l’autre qui a le soucis du confort de la mère de famille.

A partir des années 80, les combats féministes sont considérés comme gagnés donc la presse féministe décline considérablement au profit d’une presse qui revient à sa fonction première : louer le bonheur d’être femme. C’est une presse qui est centrée sur la prétendue féminité et sur du superficiel : la mode, les pages people, l’astrologie, le paraître… Combat féministe ? Pourquoi arrêter ? L’arrêt n’a-t-il pas dégradé l’image de la femme, ce qui amène à un nouveau combat féministe avec des magazines tels que Causette ?

 

Conclusion

La presse féminine d’aujourd’hui est en majorité représentée par des magazines féminins qui prônent le stéréotype de la femme objet superficielle et « parfaite ». Toutefois, n’oublions pas quelques magazines qui sont nés ces dernières années et qui suivent les traces de la presse féministe comme Causette ou MadmoiZelle. Nous voulons faire prendre conscience à travers notre blog que la femme n’est pas telle qu’elle est représentée dans les magazines d’aujourd’hui. Les mouvements de société tels que Mee Too ou Balance ton Porc montrent une société dans laquelle la femme s’exprime et dénonce et n’est pas une femme objet. Alors chers lecteurs, nous pouvons nous demander : que se serait-il passé si la presse féministe l’avait emporté sur la presse d’une image traditionnelle de la femme ? Serions-nous ici aujourd’hui à vouloir dénoncer la représentation de la femme dans la presse féminine ?

 

Louise ITCIA et Léa LACOURPAILLE