Puisque nous avons brisé la glace vous et moi, aujourd’hui parlons franchement, parlons pénétration. Pour ou contre ?

La première grande question qui se pose dans ma réflexion sur l’injonction à la performance, c’est que la performance c’est systématiquement la pénétration de la femme par l’homme, jamais l’inverse. Dans les relations « classiques », l’homme pénètre, il n’est pas pénétré. Pourtant, on a découvert que la prostate des hommes (une zone très érogène se situant sous la vessie et pouvant procurer un plaisir sexuel intense) s’atteint par la pénétration anale. Donc si les deux partenaires sont consentants, pourquoi faudrait-il s’en priver si l’on connaît le chemin ? (Par ailleurs, le fait de ne pas vouloir, c’est aussi ok).

D’après mon amie Maïa Mazaurette dans son article du Monde « Être ou ne pas être un homme pénétré », la liste des objets retrouvés par les urgentistes dans le rectum prouve que cette pratique est courante, y compris chez les hétérosexuels. Mais avez-vous déjà entendu une de vos connaissances masculines dire fièrement avoir été pénétré par une femme ? Ou l’avouer, même ? (Personnellement cela ne m’est arrivé qu’une fois). Mépris, crainte, ou déni ? Sans doute parce que, bien malgré nous, et très tôt, nous avons intériorisé des postures homophobes. Dès les cours de récré on peut entendre des insultes comme « enculé », ou « je vais t’enculer » … Ainsi celui qui pénètre menace, et affirme sa supériorité, et celui qui est pénétré est rabaissé et insulté. Pas étonnant que cette pratique soit honteuse et tabou.

Une seconde chose me chagrine dans la sexualité, c’est la place des préliminaires. Tout ce temps et ces efforts dédiés avant tout à préparer la pénétration, rien de plus !  Les préliminaires sont souvent bâclés et méprisés. Ils ne sont pas considérés pour une majorité comme du vrai sexe. Or, le sexe oral, les caresses et tout ce qui donne du plaisir, c’est faire du sexe. Et surtout lorsqu’on sait que les femmes atteignent plus facilement l’orgasme avec les pratiques dites « préliminaires ». (Du coup on comprend mieux encore les premiers chiffres de l’enquête !) Voici un extrait du blog la mecxpliqueuse qui résume parfaitement bien la situation : « La fellation, le cunnilingus, les caresses, la masturbation, la pénétration vaginale et anale, la fessée, se mordiller les oreilles et se sucer les orteils : c’est du sexe, pleinement et véritablement. Les préliminaires, c’est, je sais pas, se brosser les dents chez soi avant le rendez-vous ? »

Finalement, le sexe ne tourne pas seulement autour de la pénétration (vaginale ou anale), selon des modalités codées. Et heureusement, Il me semble que cela commence à entrer doucement dans l’imaginaire collectif. La série Sex education disponible sur Netflix est un exemple parfait. En effet dans un petit fascicule, on parle de la sexualité (téléchargeable en format pdf sur sexeducation.fr). Ce petit guide prône l’acceptation de son corps, le consentement, et nous incite à   la recherche du plaisir dans toutes ses modalités

 

Conclusion ? Faisons du sexe autrement. Sortons des pratiques que nous nous imposons. Apprenons à communiquer, sortons des cases dans le respect, la communication et la bienveillance.

Laissons la recherche de la performance et partons -ensemble- à la recherche du plaisir.

 

Source

https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2019/08/18/il-est-temps-d-en-finir-avec-les-preliminaires_5500398_4500055.html

les couilles sur la table : https://www.youtube.com/watch?v=4UcPTTmHDNA&list=RDCMUCmsEKbOV5Drze1NdtQcsSNg&index=7