Si depuis la victoire face à leur combat pour obtenir le droit de vote les femmes entrent progressivement dans la vie politique nationale, comme ministres ou secrétaires d’Etat, elles sont cependant peu élues. En effet, elles représentent à peine 4% de député à l’Assemblée nationale entre 1945 et 2002. Leur présence en politique est loin d’être une évidence et ne résulte pas d’un processus naturel puisque s’ouvre un débat sur la parité en 1992 et devient un des thèmes de la campagne pour l’élection présidentielle de 1995.

Une loi est donc promulguée en 2000 pour une parité dans les scrutins de liste sous peine d’une sanction financière. Cette loi sera modifiée quatorze ans plus tard pour qu’une parité soit respectée dans les conseils départementaux, régionaux et municipaux des villes de seulement plus de mille habitants.

Comment se fait-il alors qu’aujourd’hui encore le président de la République soit une fois de plus un homme, de même que le président de l’Assemblée nationale, du Sénat et des trois quarts des députés et sénateurs ? Pourquoi les hommes sont toujours 90% à présider un conseil de département, 83% à être présidents de région et 84% à être maire ? Pourquoi renvoi-on aujourd’hui encore les femmes aux fonctions maternantes dès qu’on en a l’occasion comme le ministère de l’enfance et de la santé et que les ministères régaliens restent encore entre les mains des Hommes ?

Comment les femmes peuvent-elles s’imposer dans un secteur tel que la politique où les hommes les rabaissent publiquement ? “ L’élection présidentielle n’est pas un concours de beauté” dit Jean-Luc Mélenchon à Ségolène Royal ou encore “Mais qui va garder les enfants ?” de la part de Laurent Fabius à cette dernière.

 

Portrait de femme : Marine Le Pen 

Marine Le Pen, née en 1968, fille de de Jean-Marie Le Pen (président du Front national), est une femme politique française. Son parcours est le suivant. Engagée au sein du Front national, elle occupe plusieurs mandats locaux à partir de 1998 et siège de 2004 à 2017 au parlement européen. En parallèle, elle est élue présidente du Front national lors de son congrès de 2011, succédant à son père qui dirigeait le parti depuis sa fondation. Candidate à l’élection présidentielle de 2012, elle arrive en troisième position au premier tour. De nouveau candidate à l’élection présidentielle de 2017, elle se qualifie pour le second tour, qu’elle perd face à Emmanuel Macron en obtenant 33,9 % des voix. En un mot, elle est une des rares femmes politiciennes françaises à avoir été aussi proche de gagner les présidentielles. Et, comme une grande majorité des femmes dans le domaine de la politique, encore aujourd’hui en 2020, on lui reproche d’en être arrivé si loin grâce à son père ou en utilisant son étiquette de “femme” comme un argument marketing.

D’une autre part, en analysant son programme de 2017 nous nous rendons compte que contrairement à ce qu’on pourrait penser le rôle de la femme dans notre société actuelle n’est pas sa priorité. En effet, seules trois lignes sont consacrées à la manière dont le Front national entend défendre les droits des femmes. La première façon proposée est de “Lutter contre l’islamisme qui fait reculer leurs libertés fondamentales”. La deuxième façon de procéder est de “Mettre en place un plan national pour l’égalité salariale femme-homme et lutter contre la précarité professionnelle et sociale”. Ce deuxième point est plutôt paradoxal puisque Marine Le Pen précise toutefois sur BFM TV que “Personne n’a la baguette magique sur l’inégalité salariale.”

De plus on constate, que le Front national, n’a pas voté une seule fois à l’Assemblée et au parlement européen, entre sa campagne de 2012 et de 2017, en faveur d’une mesure élargissant ou protégeant les droits des femmes. Terminons, par le fait que le Front National prône la liberté des femmes à rester au foyer grâce à un salaire parental d’éducation : “ « Vous en connaissez tous. Toutes ces femmes qui vont travailler à temps partiel pour 8-900 euros par mois (…) Croyez-vous qu’elles le fassent pour s’épanouir ? Pour entrer dans la vie active ? Pour être l’égal de l’homme ? Non elles le font parce qu’il manque entre 900 et 1100 euros pour subvenir aux besoins du foyer. Et c’est ça qui est inacceptable ».

Ce portrait de Marine Le Pen souligne le fait qu’être une politicienne n’est pas forcément gage d’investissement au service des droits de la femme. C’est donc un combat qui doit être menés par les hommes ET les femmes.