Qu’est-ce que la masculinité ? Dans un courant féministe de plus en plus fort et présent qui appelle à la neutralité des genres, que pouvons-nous définir comme étant la masculinité ?

Définir la masculinité

Dans mes pérégrinations sur Internet pour trouver des éléments de réponse à cette question, je suis tombée sur un article intitulé « Qu’est-ce que la masculinité ? » écrit par le père Etienne VETO. Il commençait l’article en disant que ce qui fait vibrer le cœur de l’homme c’est la « force », de même que ce qui fait vibrer le cœur de la femme est la « beauté », après m’être ouvertement offusquée de cette fragilité encore et toujours prêtée à la femme je me suis posée cette question : et si la masculinité résidait bel et bien dans cette « force » dont parle ce prêtre ?

Alors en bonne investigatrice j’ai ouvert la page Wikipédia sur la masculinité et j’ai lu la définition que nous donne ce site merveilleux pour tous les étudiants un peu en retard sur leurs dissertations. Notre ami Wiki nous en donne la définition suivante : « La masculinité est un ensemble d’attributs, de comportements et de rôles associés aux garçons et aux hommes. En tant que construction sociale, la masculinité est à distinguer de la définition du sexe biologique masculin. ». Et là la voix de ma prof d’Histoire-Géo de Terminale a résonné dans ma tête et m’a rappelé de croiser mes sources, j’ai donc ouvert le site du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL pour les intimes) et j’y ai lu la définition qu’ils nous donnent de la masculinité. Le CNRTL nous dit donc de la masculinité que c’est ce « qui est propre à l’homme en tant qu’être humain du sexe doué du pouvoir de la fécondation ». On est d’accord, c’est flou, c’est très flou. J’ai scrollé un peu pour lire les autres définitions, parmi elles : « Caractère masculin, ensemble des caractères spécifiques − ou considérés comme tels − de l’homme ». La dernière définition est la plus claire et recoupe clairement celle donnée par Wikipédia. On a donc le cadre de la masculinité : ce sont les caractéristiques qu’on prête habituellement aux hommes.

Les caractéristiques de la masculinité

Mais quelles sont ces caractéristiques ? Sont-ce des caractéristiques physiques ou des caractéristiques sociales ?

Je rejoins alors le point de vue de Wikipédia, les caractéristiques de la masculinité sont principalement liées à une construction sociale autour du rôle de l’homme. Sans aucune recherche préalable, voilà les caractéristiques masculines stéréotypées et clichées qui me viennent à l’esprit en tant que produit de cette société : l’homme est grand, il est fort, il ne laisse pas transparaître ses émotions, il est bourru et fait figure de protecteur pour la femme. Dans les caractéristiques que je viens de citer, on retrouve cette force propre à l’homme dont je parlais en début d’article mais cette représentation que j’ai de l’homme n’est pas nécessairement celle de tout le monde.

Il est clair qu’il n’existe pas une seule et unique masculinité tout comme il n’existe pas une seule et unique féminité. Les deux concepts de féminité et masculinité se construisent en parallèle et fonctionnent de concert puisqu’ils sont en permanence comparés l’un à l’autre. C’est pour cela que l’on se permet de dire d’un homme qu’il est féminin et d’une femme qu’elle est masculine. Les travaux de Raewyn CONNELL nous éclairent sur les différentes masculinités qui coexistent au sein-même de ce que nous définissons grossièrement comme la masculinité. Elle distingue 4 types de masculinités qu’elle hiérarchise (cf. ci-contre). La masculinité dominante est la masculinité hégémonique, celle à laquelle on pense immédiatement quand nous essayons de représenter “l’homme”, c’est donc à elle que je vais m’intéresser dans le reste de l’article.

Les caractéristiques de la masculinité hégémonique

Donc le stéréotype du mâle dominant c’est quoi aujourd’hui ?

Eh bien, c’est celui qui vient à l’esprit de tout le monde. Nous intériorisons les stéréotypes de genre depuis que nous sommes enfants, des études ont montré que la voix change selon si l’on s’adresse à un bébé masculin ou féminin.

Nous construisons donc tout au long de notre vie une représentation de la femme et de l’homme et ce principalement à cause de la société, ces représentations sont bipolaires. La femme est l’opposée de l’homme et l’homme est l’opposé de la femme.

Les auteurs Bergeron et Gaudreau décrivent donc l’homme stéréotypique comme quelqu’un d’autonome, très conscient de son identification sexuel, fort, ayant beaucoup de confiance en soi, actif, capable d’assertion, compétitif, rationnel et ambitieux. Leurs affirmations sont confirmées empiriquement quand, lors de leur étude au Canada sur la perception respective des hommes et des femmes concernant la masculinité, les adjectifs qui reviennent le plus sont « fermes », « rudes », « déterminants », « rigides », « durs » et « affirmés ».

Qu’est-ce qu’on peut conclure du coup ?

La masculinité hégémonique est belle et bien inscrite dans un rapport de force, que ce soit mentale ou physique. Mais ce modèle de masculinité dominant a été bousculé sur les dernières années avec une émergence de plus en plus forte du mouvement féministe qui appelle à la neutralité des genres, et les masculinités jusqu’alors soumises à l’hégémonie de l’homme fort commencent à faire entendre leur voix et à se faire reconnaître. Nous quittons progressivement cette hiérarchie des masculinités et nous pouvons espérer qu’un jour elles finiront à égalité.