La période révolutionnaire fonde la revendication d’égalité pour les femmes qui sont fortement impliquées dans les combats républicains et s’organisent en groupes d’actions spécifiques, par exemple la « Société des républicaines révolutionnaires ». La question du statut de la citoyenne est cruciale, mais facilement ignorée. Ainsi, à la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen », Olympes de Gouges adjoint en 1791 une brochure intitulée Les Droits de la femme contenant la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ».

Malgré les conquêtes révolutionnaires, les femmes restent largement exclues de la représentation démocratique au 19e et au début du 20e siècle. En 1848, le suffrage universel est instauré mais il reste masculin. On reste encore dans une vision où l’espace public est une affaire d’hommes, que les femmes ne peuvent pas comprendre les enjeux politiques. La France est finalement l’un des derniers pays en Europe à accorder le droit de vote aux femmes. Il est discuté et voté à une large majorité par les députés en mai 1919 mais la décision est bloquée par le Sénat. On s’inquiète que le vote féminin puisse être influencé par l’Église et que la République soit en danger. Il faut alors attendre l’ordonnance du 21 avril 1944 pour que soit accordé le droit de vote aux Françaises. C’est pour la France libre de De Gaulle une décision qui doit contribuer à se faire accepter dans le camp des Alliés. Le premier vote est organisé un an plus tard, en avril 1945 lors des élections municipales et au mois d’octobre suivant pour les élections législatives. C’est seulement en 1946 que le préambule de la Constitution de 1946 affirme que “la loi garantit à la femme, dans tous les domaines des droits égaux à ceux des hommes”.

Portrait de femme : Manon Roland (1754-1793)

Le savoir est une force, un moyen d’émancipation mais ce n’est pas évident pour une femme de cette époque d’accéder à une bonne éducation et Manon Roland en est consciente. Ainsi, autodidacte, elle se passionne pour la littérature et aborde dans un discours “comment l’éducation des femmes pourrait contribuer à rendre les hommes meilleurs”. Mariés avec Jean-Marie Roland, ils écrivent ensemble des livres  et une fois Jean-Marie, ministre de l’Intérieur, elle continue à le seconder dans son travail. L’aide qu’elle apporte à son mari est vue comme de la manipulation et lui attire des foudres de toutes parts. Faisant partie des Girondins (groupe politique siégeant à l’Assemblée législative puis à la Convention nationale, pendant la Révolution française), elle se laisse arrêter puis sera exécutée.