Pendant la Première Guerre mondiale, les hommes sont aux combats et les femmes se voient attribuer de nouvelles responsabilités. Elles remplacent les hommes aux travails notamment à des postes à haute responsabilité, elles gèrent le budget du foyer etc… Ainsi accompagnées à partir de 1922 par la mode à la “garçonne” : cheveux courts, pantalons et cigarettes ; les mouvements féministes se développent et on pense assister à un tournant dans l’émancipation de la Femme.

Or, aux retours des hommes, ces dernières sont très vite rattrapées par leur vie de mère et leur rôle d’épouse. Elles subissent un violent retour aux valeurs traditionnelles d’avant-guerre, avec de plus, la création des lois natalistes de 1920 et 1923 qui punissent de la peine de mort les « faiseuses d’anges ».

Cet avant-goût de liberté et l’accord du droit de vote féminin en Allemagne au Royaume-uni et en URSS, donnent envie aux Françaises de posséder les mêmes droit que les hommes et tout particulièrement le droit de vote. Leurs combats se multiplient et aboutissent à des premiers succès en matière d’éducation et de politique. Ainsi, en 1924, les programmes scolaires se voient modifiés et ceux des filles sont maintenant les mêmes que ceux des garçons. En parallèle, on constate une augmentation du nombre de jeunes filles scolarisées puis l’accession possible aux hautes fonctions, comme au poste de secrétaire d’Etat lors du gouvernement Blum en 1936.

On observe enfin durant la Seconde Guerre mondiale que les femmes représentent entre 20% et 30% de la résistance Française. Elles contribuent ainsi en partie à la victoire de la France et connaissent à partir de 1945 une réelle émancipation progressive tant dans la société que dans le secteur politique. Quel constat pouvons-nous faire 100 plus tard ?

Portraits de femmes :

Simone Veil (1927-2017)

Elle est l’une des grandes femmes de la politique française. Elle connut, alors qu’elle était encore adolescente, une déportation avec toute sa famille à Auschwitz. Après être sortie de l’enfer avec ses sœurs, perdant ses parents et un frère, elle entra dans la magistrature après des études de droit et de sciences politiques. Elle fut nommée ministre de la Santé sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, et met en place le projet de toute une vie qui la rendra si célèbre : légaliser l’arrêt volontaire de grossesse (IVG). En faisant adopter cette loi, appelée alors Loi Veil, elle devient l’icône de la lutte des femmes contre la discrimination en France. Elle devint également la toute première femme à être nommée présidente au parlement européen et participa grandement à la réconciliation entre la France et l’Allemagne. Elle fut également élue à l’académie française, faisant partie des huit femmes, toutes années confondues, à être entrée dans cette institution très masculine. Les femmes n’y avaient pas leur place, d’après son fondateur. Elle est connue alors comme étant une grande militante féministe, dans bien des domaines. En juillet 2018, elle sera inhumée auprès de son mari au Panthéon. 

Yvette Chassagne (1922-2007)

Une des trois premières femmes à être diplômée de l’ENA, première préfète de France, Yvette Chassagne a été aussi la première femme à pousser de nombreuses portes de la haute fonction publique. De ce fait, elle fut vu dans la presse comme “une personne d’une troisième planète” et se heurte à beaucoup de problématiques. Le Monde s’interroge sur sa tenue : “ Portera-t-elle l’uniforme ? Lequel ?” et les hommes politiques montrent leur mécontentement : “deux femmes ça commence à faire beaucoup” (le sous-préfet étant également une femme). Si Yvette Chassagne a su conserver sa place dans le secteur politique jusqu’à son décès à l’âge de 85 ans c’est grâce à son tempérament. En effet, on lui prête cette légende à un homme lui demandant : “Madame je peux vous appeler monsieur ?”, et elle de répondre “Je vous en prie, Monsieur, je vous appellerai donc Madame”.